Gestion d’actifs pour tiers ou pour compte propre : ce qui change

La gestion d’actifs pour tiers consiste, pour une société de gestion agréée, à investir l’argent d’autres personnes (particuliers, entreprises, investisseurs institutionnels) dans leur intérêt exclusif. La gestion pour compte propre, elle, porte sur les fonds de l’établissement lui-même.

Cette activité prend deux formes, la gestion collective et la gestion sous mandat, et elle est placée sous le contrôle de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

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Gestion pour compte de tiers et gestion pour compte propre : la différence

Dans la gestion pour compte propre, un établissement place son propre capital. Il décide seul, empoche les gains et assume les pertes.

Dans la gestion pour compte de tiers, l’épargne reste la propriété du client. Le gestionnaire n’a ni contrôle physique ni accès direct aux sommes : elles sont confiées à une banque dépositaire, qui les conserve.

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Le gestionnaire décide des investissements, mais c’est le client qui supporte le résultat, positif ou négatif. En contrepartie, la société de gestion a l’obligation d’agir dans l’intérêt du client, et non dans le sien. Les clients peuvent être des épargnants particuliers comme des entreprises ou des institutions.

Gestion collective : les fonds d’investissement (OPC)

La gestion collective repose sur les fonds d’investissement, appelés OPC. Le principe est la mutualisation : l’épargne de nombreux porteurs de parts est rassemblée dans un même fonds, que le gérant investit selon une stratégie unique.

On distingue les OPCVM, fonds ouverts au grand public et soumis à des règles d’investissement harmonisées en Europe, et les FIA, fonds d’investissement alternatifs aux stratégies plus variées. Chaque fonds investit dans les grandes catégories d’actifs que sont les actions, les obligations ou les produits monétaires, dans les proportions fixées par sa politique de gestion.

Le gérant choisit les titres, mais il ne détient pas l’argent : le dépositaire le conserve et contrôle la régularité des opérations. Le souscripteur reçoit avant d’investir un document d’informations clés, qui présente l’objectif du fonds, son niveau de risque et ses frais.

Plusieurs mains déposant des pièces dans un même bocal en verre

Gestion sous mandat : un portefeuille géré pour un seul client

La gestion sous mandat fonctionne à l’inverse du fonds : le gestionnaire administre un portefeuille propre à un client, selon un contrat de mandat. Ce contrat fixe le profil de risque, l’horizon de placement et l’orientation de gestion.

L’objectif du client guide les choix. Un projet immobilier à financer à moyen terme, par exemple, appelle une gestion plus prudente qu’une épargne retraite à échéance lointaine.

Le mandat se distingue de la gestion conseillée. Dans cette dernière, le professionnel suggère et le client tranche chaque opération ; sous mandat, le gestionnaire décide seul dans le cadre convenu. Il rend compte au mandant à intervalles réguliers, avec l’état du portefeuille et ses performances.

Qui peut gérer l’argent des autres : l’agrément de l’AMF

Gérer des OPCVM et, en principe, des FIA exige d’être agréé comme société de gestion de portefeuille par l’AMF. Les sociétés de gestion et les fonds sont agréés et contrôlés par l’autorité, et soumis à de nombreux règlements et directives européens.

Le délai réglementaire d’agrément est de 3 mois, prolongeable de 3 mois. L’AMF indique qu’il est en pratique d’un peu plus de 2 mois, et qu’elle ne facture pas l’agrément.

Avant de confier son épargne, on peut vérifier qu’un acteur est autorisé dans la base GECO de l’AMF, qui recense les produits d’épargne et les sociétés de gestion. Une société absente de cette base ne devrait pas gérer l’argent de tiers.

Dossiers et loupe posés sur un bureau d'autorité de contrôle

Combien coûte la délégation de son épargne

Déléguer sa gestion a un prix, qui se retrouve dans le document d’informations clés du fonds. Les principaux frais sont les suivants :

  • Les frais de gestion, prélevés chaque année sur l’encours, rémunèrent le gérant et la société de gestion.
  • Les frais d’entrée, prélevés à la souscription, varient selon le fonds et le distributeur.
  • Certains fonds ajoutent une commission de surperformance, due quand le résultat dépasse un seuil défini à l’avance.

Ces frais réduisent directement le rendement. Comparer les frais courants affichés avant de souscrire permet d’écarter les fonds dont le coût n’est pas justifié par la stratégie.

Le poids de la gestion d’actifs en France

Fin 2023, la gestion d’actifs française gérait 4 600 milliards d’euros selon l’Association française de la gestion financière (AFG). Elle occupe la première place de l’Union européenne pour les sociétés de gestion, avec une part de marché estimée à 31 %.

Le secteur emploie 102 000 personnes en France, dont 27 000 dans les sociétés de gestion elles-mêmes. L’AFG compte parmi ses membres 340 sociétés de gestion, qui gèrent 90 % des encours en France.

Pour situer ce marché à l’échelle mondiale, on peut consulter les principaux acteurs mondiaux de la gestion. Le secteur évolue aussi par ses métiers : les métiers techniques de la finance y prennent une place croissante.

La gestion d’actifs pour tiers reste donc un métier encadré, où l’agrément de l’AMF et les frais du fonds sont les deux points à contrôler en premier. Le document d’informations clés de chaque fonds les indique avant toute souscription.

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