Quel est le type de cybercriminalité le plus fréquent ?

L’hameçonnage, ou phishing, est le type de cybercriminalité le plus fréquent en France. Selon les données de Cybermalveillance.gouv.fr, il représente environ un tiers des demandes d’assistance reçues en 2025, loin devant le piratage de compte. Ce chiffre ne couvre que les signalements volontaires sur la plateforme, pas l’ensemble des infractions numériques commises sur le territoire.

Répondre à la question suppose de distinguer ce que l’on mesure : les demandes d’aide des particuliers, les infractions enregistrées par la police, ou les incidents traités par des équipes spécialisées. Le classement change selon l’angle retenu.

A lire en complément : Quel est le meilleur traducteur entre DeepL et ChatGPT ?

Phishing : pourquoi cette forme de cybercriminalité domine les signalements

Le phishing repose sur un mécanisme simple. Un message (email, SMS, fausse page web) imite une entité de confiance pour pousser la victime à transmettre des identifiants, un numéro de carte bancaire ou un mot de passe. Le coût technique pour l’attaquant est quasi nul, et l’envoi peut toucher des centaines de milliers de destinataires en quelques minutes.

Cette combinaison de faible coût et de volume massif explique sa domination dans les statistiques d’assistance. Les campagnes de phishing n’exigent pas de compétence avancée en programmation. Des kits prêts à l’emploi circulent sur des forums spécialisés, ce qui abaisse encore la barrière d’entrée pour les cybercriminels.

A lire également : Quel écran pour le télétravail ?

Les demandes d’assistance liées au phishing ont d’ailleurs fortement progressé en 2025 sur la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr. La hausse ne traduit pas uniquement une augmentation des attaques : elle reflète aussi une meilleure identification du problème par les victimes, qui savent désormais où signaler.

Homme d'affaires recevant un SMS frauduleux dans un bureau moderne, représentant une arnaque par hameçonnage mobile

Atteintes aux biens numériques : la catégorie la plus large dans les statistiques policières

Quand on passe des signalements volontaires aux infractions enregistrées par les forces de l’ordre, le tableau change. En 2025, les fraudes et atteintes aux biens constituaient la majorité des faits recensés, tandis que les intrusions dans des systèmes d’information n’en représentaient qu’une fraction.

Cette catégorie regroupe des actes très divers :

  • Les escroqueries en ligne (faux sites marchands, arnaques au faux support technique, fraude à la carte bancaire)
  • L’usurpation d’identité numérique utilisée pour obtenir des crédits ou des prestations sociales
  • Les détournements de fonds via des virements frauduleux, souvent déclenchés par un phishing initial

Le phishing est fréquemment le point d’entrée de ces infractions. Un identifiant volé par hameçonnage permet ensuite une fraude bancaire ou un piratage de compte. Les deux catégories sont donc liées, mais les statistiques policières les comptabilisent séparément.

Piratage de compte et rançongiciel : deux menaces en progression constante

Derrière le phishing, le piratage de compte en ligne occupe la deuxième place dans les demandes d’assistance des particuliers. Le scénario type : un mot de passe réutilisé sur plusieurs services est compromis lors d’une fuite de données, puis testé automatiquement sur d’autres plateformes. Ce procédé, appelé credential stuffing, ne nécessite aucune interaction avec la victime.

Les fuites de données ont d’ailleurs alimenté une hausse notable des demandes d’assistance en 2025. Chaque nouvelle fuite fournit aux attaquants un stock de combinaisons identifiant-mot de passe exploitables pendant des mois.

Rançongiciels : moins fréquents mais plus coûteux

Les rançongiciels (ransomwares) touchent davantage les entreprises, les collectivités et les établissements de santé que les particuliers. Leur fréquence brute reste inférieure à celle du phishing, mais l’impact financier et opérationnel d’un seul rançongiciel dépasse celui de milliers de tentatives de phishing.

Le mécanisme consiste à chiffrer les fichiers d’un système, puis à exiger une rançon pour fournir la clé de déchiffrement. L’accès initial passe souvent par un email de phishing ciblé ou par l’exploitation d’une vulnérabilité non corrigée sur un serveur exposé.

Jeune adulte dans un café face à un avertissement de sécurité sur son ordinateur, évoquant les risques de cybercriminalité en réseau public

Mesurer la cybercriminalité : trois sources, trois classements différents

La réponse à la question « quel est le type le plus fréquent » dépend de la source consultée. Confondre ces sources produit des raccourcis trompeurs.

  • Les plateformes d’assistance (Cybermalveillance.gouv.fr) comptent les demandes d’aide : le phishing arrive en tête, suivi du piratage de compte
  • Les forces de l’ordre enregistrent des infractions : les atteintes aux biens numériques (fraudes, escroqueries) dominent largement
  • Les agences spécialisées en sécurité (ANSSI, ENISA) analysent les incidents techniques touchant les organisations : les rançongiciels et les attaques par déni de service (DDoS) y sont surreprésentés

Le phishing reste le type de cybercriminalité le plus fréquent pour les particuliers qui cherchent de l’aide. Pour les entreprises, le rançongiciel concentre les dégâts les plus lourds. Et dans les registres policiers, ce sont les fraudes au sens large qui occupent la première place. Un même phénomène, trois lectures possibles selon le prisme adopté.

Ne ratez rien de l'actu